Brasilyane

Institutions politiques

Structure de l'état

  • Le Brésil est un état fédéral, extrêmement décentralisé, dont le fonctionnement semble parfois bien difficile à comprendre aux Français habitués à la centralisation que nous sommes.
  • lulaLe gouvernement fédéral, implanté à Brasilia, est censé imposer une autorité et une cohésion aux 27 états qui composent le Brésil. Il gère l'économie du pays, impose des lois fédérales, commande à l'armée et à la politique internationale du pays. Ses principaux organes sont:
    • La présidence de la république
    • Le ministère de l'économie et des finances (ministério da fazenda)
    • Le gouvernement en place sous la direction de la casa civil (cabinet du premier ministre, dont l'économie ne dépend pas).
    • L'armée, qui reste très autonome et dirige sa propre police décentralisée, la Policia Militar (PM), dont la réputation est souvent mauvaise (la Police Civile dépend de chaque état).
    • La Police Fédérale (PF)
  • Le pouvoir législatif fédéral est composé d'un sénat et d'une chambre des députés, où chaque état envoie des représentants (Senadores et deputados Federais). Chaque état, quelque soit son nombre d'habitants, envoie 3 sénateurs, le nombre de députés se calcule selon la population.
  • Le pouvoir judiciaire fonctionne lui aussi de façon décentralisée, ce qui provoque une avalanche de possibilités de recours à n'en plus finir, jusqu'au Suprême Tribunal Fédéral (STF), et de nombreux conflits de compétence entre les tribunaux estaduais et federais, électoraux, travaillistes, etc...
  • Chaque état (Estado) a son gouverneur, son parlement propre (deputados estaduais), son tribunal, sa police. Il peut lever ses propres impôts et, de moins en moins facilement, s'endetter. Les états sont très autonomes et possèdent de nombreuses compétences:
    • L'enseignement public (qui peut être dévolu aux communes, selon les lois propres à chaque état); la qualité varie donc énormément d'un état à l'autre.
    • La police civile; la police militaire possédant une administration propre à chaque état.
    • Bien d'autres lui sont confiées.
  • Dans chaque état, chaque commune (Município) -dont l'étendue correspondrait plutôt à (au moins) un département français- est elle-même doté d'un Prefeito (maire) élu directement, et d'une assemblée dont chaque "vereador" (conseiller municipal) est élu individuellement comme un député (pas de scrutin de liste, donc pas de notion d'équipe).
  • Chaque échelon peut voter des lois applicables à son territoire de compétence, dans le respect des lois de l'échelon supérieur.

Représentation politique

Généralités

  • Comme on le devine ci-dessus, les pouvoirs sont extrêmement éclatés. Les partis sont très nombreux et faibles, exceptionnellement basés sur une idéologie, plus souvent sur la base de regroupements régionaux d'individus ayant des intérêts communs.
  • L'exécutif doit toujours composer avec cette représentation: le processus de décision est lent, fait toujours l'objet de négociations, de tractations, de marchandages sans fin et favorise donc la corruption et la distribution de prébendes aux affiliés des partis.
  • Le président de la République, les gouverneurs d'état ou les prefeitos (maires) ont donc finalement un pouvoir très limité car s'appuyant sur des majorités législatives instables, de circonstances, voire achetées.
  • Finalement, que ce soit dans les assemblées des Municipios, des états ou au congrès fédéral, chaque élu représente avant tout lui-même.

Les partis politiques

  • Ils sont aussi nombreux qu'il y a d'intérêts particuliers à défendre.
  • On en change comme de chemise dès qu'on est élu, selon le poste que l'on propose ou l'intérêt, généralement personnel, que l'on peut y trouver.  Une loi restreint la possibilité de changer de parti en cours de mandat: ce dernier "appartenant" au parti, celui qui change d'étiquette perd désormais son mandat.
  • On ne peut gouverner qu'avec des coalitions hétéroclites de droite, de gauche et d'on ne sait pas trop quoi.
  • Bref, c'est la pagaille; on va jusqu'à se battre à l'assemblée nationale (c'est d'ailleurs le cas dans de nombreux pays, même au Japon !).
  • Principaux partis:
    • PT (parti des travailleurs, au pouvoir), Psol (ex-PT en désaccord avec Lula, jugé trop centriste), PSB (partis socialiste brésilien), PDT (autre parti des travailleurs), PCB (Parti Communiste Brésilien) et PC do B (Parti Communiste du Brésil, nuance!) sont généralement classés à gauche, mais ça se discute.
    • Le PSDB (Parti Social-Démocrate du Brésil), de l'ancien président Cardoso, est le principal adversaire de Lula et se situe au centre gauche, mais ça se discute.
    • Parmi les partis de droite, certains sont alliés au PT (PP, PL...), d'autres au PSDB (PFL, désormais appelé DEM, le seul à se revendiquer de droite libérale...) selon les intérêts bien compris des élus de ces partis.
    • Le PMDB, parti de notables locaux très puissants fait partie de tous les gouvernements depuis la fin de la dictature militaire (on connaît sa figure de proue José Sarney -ex président de la République, du Sénat et gouverneur du Maranhão, ex sénateur de l'Amapá). Une partie du parti soutient le gouvernement en place, l'autre s'allie à l'opposition. Il est au coeur du pouvoir, en 2016, alors qu'on cherche à destituer Dilma Roussef de son deuxième mandat de présidente, avec le vice-président Michel Temer, le président de la chambre des députés accusé de corruption Eduardo Cunha et le président du sénat Renan Calheiros.
    • De plus en plus, certains partis cherchent à surfer sur le succès des églises évangéliques (PSC, PR, PSD, PRB...)
    • La rede sutentabilidade est née grâce au score de Marina Silva, ex-ministre de l'environnement de Lula aux élections présidentielles de 2010, mais reste un petit parti, peu structuré, disposant de peu d'élus dont le positionnement politique n'est pas toujours dénué d'opportunisme.
    • En 2016, au moment du vote sur la destitution de Dilma Roussef, 25 partis avaient des élus à la chambre et 17 au sénat !
  • Comme on le voit, il convient d'être prudent à l'heure de définir la position de chacun sur l'échiquier politique brésilien. L'homme politique brésilien est, au mieux un pragmatique décomplexé, au pire un "sans-vergogne" pressé de faire fortune. Et ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera pas forcément demain (mais ça, c'est le lot commun de la politique).

Urne électronique au Brésil (ph:Agbr)Elections

  • Au Brésil, les élections sont à la fois un véritable carnaval (défilés dans les rues, shows gratuits, distribution de tee-shirts...), une foire d'empoigne (affiches et peintures partout, voitures publicitaires hurlantes...) et une lutte sans merci (coups bas en tous genres). C'est à la fois enthousiasmant par la joie et l'énergie démocratique, et triste par le populisme généralisé et le contraste invraisemblable entre promesses et réalité.
  • Les élections sont regroupées en deux pôles: exécutif d'une part (président de la république et gouverneurs), législatif de l'autre (députés locaux et nationaux, représentants municipaux). Le sénat se renouvelle par tiers.
  • En octobre 2006 Lula a été réélu pour son deuxième et dernier mandat.
  • En octobre 2010, Lula ne peut donc pas se représenter et soutient Dilma Roussef, 1er ministre PT de son gouvernement. Soutien qui a porté ses fruits puisque celle-ci, avec 56% des voix au  deuxième tour, devient le 1er janvier 2011 la première présidente du Brésil.
  • En octobre 2014, Dilma Roussef est réélue face au candidat PSDB Aécio Neves, mais très vite mise en difficultés par le tentaculaire scandale financier de la Petrobras (détournements financiers massifs destinés à la corruption et au financement des campagnes électorales), la crise économique et le lâchage de l'incontournable PMDB, qui demande sa destitution en 2016.
  • Depuis déjà près de dix ans, on utilise des urnes électroniques dont les avantages sont de simplifier le vote pour des électeurs parfois illettrés, de faciliter le dépouillement (très rapide), et de renvoyer une image moderne. Ces appareils sont toutefois aussi très contestés, car on estime qu'ils peuvent faciliter la fraude en ne permettant aucun recomptage (pas d'édition de ticket papier). Des cas de fraude ont été repérés dans l'état du Rio Grande do Norte et dans la banlieue de Belém, lors des municipales à Ananindeua.
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