Brasilyane

25/03/2016: Vila Brasil: la Police Civile d'Oiapoque dénonce une "milice amérindienne" à Camopi...

Vila Brasil, près de Camopi,en 2013

Selon le délégué de la Police Civile d'Oiapoque, des orpailleurs de Vila Brasil se sont plaints d'attaques perpétrées contre eux par une "milice d'Indiens français" qui les auraient volés. Les attaques auraient eu lieu sur le fleuve Oyapock, entre Camopi et les villages illégaux de Vila Brasil et Ilha Bela.

Selon le délégué de la Police Civile d'Oiapoque, des orpailleurs de Vila Brasil se sont plaints d'attaques perpétrées contre eux par une "milice d'Indiens français" qui les auraient volés. Les attaques auraient eu lieu sur le fleuve Oyapock, entre Camopi et les villages illégaux de Vila Brasil et Ilha Bela.

D'innocents orpailleurs soumis aux assauts d'une "milice indienne"

Selon le délégué de la Police Civile Charles Correa le samedi 20 février, quatre hommes armés ont attaqué et pillé les embarcations d'orpailleurs brésiliens entrés en territoire français. Deux orpailleurs qui avaient traversé la rivière en bateau ont été surpris par des tirs qui auraient été tirés par les Indiens, toujours selon ce délégué de la police civile qui aurait alors demandé à la police de Guyane Française d'enquêter.

Mandat d'arrêt contre deux Camopiens

Photo peu parlante des "victimes", divulguées par la Police Civile d'Oiapoque

Ce même délégué aurait demandé hier, 24 mars 2016, au tribunal, l'arrestation de deux Amérindiens de Camopi qui seraient les responsables de cette "milice", après, toujours selon lui, au moins trois incidents impliquant les autochtones et les orpailleurs. Les Camopiens utiliseraient des armes à feu et des sabres pour "voler de la nourriture" aux orpailleurs brésiliens qui seraient contraints "de se jeter dans le fleuve ou se cacher dans la forêt". Toujours selon le délégué Charles Correa, "les biens volés brésiliens sont répartis entre les villageois afin de maintenir le prestige des chefs chez les Indiens."
Les autorités guyanaises auraient été informées du mandat d'arrêt qui ne serait exécutoire que du côté brésilien.

Victimiser les orpailleurs illégaux

Si le récit d'incidents entre orpailleurs et habitants de Camopi n'est pas une première, la version qui en est donnée ici par le délégué de la Police Civile d'Oiapoque (hum...), rapportée par le seul G1 de l'Amapa, semble assez fragile. S'il se base sur les seuls rapports faits par les "victimes" autoproclamées, leur exactitude est à démontrer, d'autant que la photo réalisée par la Police Civile ne montre rien de vraiment convaincant... On s'étonne également de l'imprécision de l'article: quel tribunal, quel chambre aurait accepté cette demande ? Quand on connaît la légèreté de telles procédures au Brésil, la validité juridique d'une décision prise par le tribunal d'Oiapoque sur la foi de tels témoignages dans une affaire internationale semble plus que fragile.

On serait plutôt tenté d'y voir le retour de la stratégie de victimisation des orpailleurs illégaux dans l'Amapa comme on l'a connue il y a quelques années. Alors que les mêmes têtes, renommées pour leur corruption, sont revenues au pouvoir dans l'Amapa, il semblerait bien qu'on retrouve les mêmes procédés. Sans doute une façon de détourner l'attention ou s'attirer les bonnes grâces des orpailleurs, quand des opérations conjointes franco-brésiliennes de contrôle auraient permis l'arrestation récente de douze personnes et la saisie de deux kilos d'or, remis à la police Fédérale.

Les deux articles du G1 Amapa (repris par aucun autre média jusque là):

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