Brasilyane

23/05: São Luis: Greenpeace dénonce les compagnies minières

São Luis: Greenpeace dénonce les conditions de production de la fonte au Brésil (ph: Greenpeace)Depuis une semaine, Greenpeace s'attaque aux navires minéraliers qui exportent la fonte depuis le port industriel d'Itaqui, à São Luis.

Qui connaît cette ville est habitué à voir défiler au large de ses plages une guirlande de vastes cargos minéraliers venus chercher de la bauxite et de la fonte produite dans le Maranhão et surtout dans le Para. Et ce sont les conditions sociales et environnementales de cette production que l'ONG écologiste veut dénoncer. Après avoir abordé au large le navire "Clipper Hope", appartenant à une aciérie maranhense, les activistes de la compagnie, renforcés par une actrice américaine, Q'orianka Kilcher (que j'avoue ne pas connaître), se sont attachés à la chaîne de l'ancre du navire pour empêcher son appontement sur le port.

La fonte, produit du travail esclave

Le "Clipper Hope" transporte un chargement de 31.000 tonnes de fonte, un ingrédient clé dans le processus de fabrication de l'acier. Greenpeace veut montrer comment la fonte contribue à détruire la forêt amazonienne et au "travail esclavage" (le code pénal du Brésil définit à l'article 149 le "travail esclave" comme un travail forcé épuisant, imposé par la violence ou la menace, dans des conditions de travail et de vie dégradantes) dans la région. L'acier qui en résulte est acheté par les constructeurs automobiles mondiaux pour une utilisation dans les usines des États-Unis. L'actrice a déclaré que des choses comme l'esclavage et l'exploitation forestière illégale appartiennent aux livres d'histoire, mais malheureusement ils sont toujours un problème dans le Brésil moderne." Il est temps pour les entreprises comme Ford et GM d'intervenir sur ce problème, et pour le président brésilien de montrer qu'elle est déterminée à protéger l'Amazonie".

La fonte est produite par le chauffage du minerai de fer dans des hauts fourneaux géants, qui nécessitent d'énormes quantités de charbon de bois. Un nouveau rapport de Greenpeace montre comment ce charbon de bois vient souvent d'arbres abattus illégalement et est produit en utilisant du travail esclave, menaçant également la survie de certaines tribus isolées telles que les Awa. La fonte est ensuite exportée dans des navires comme le Clipper Hope aux États-Unis, où il est finalement converti en acier et acheté par certains des plus grands constructeurs automobiles dans le monde, y compris Ford, GM Mercedes et BMW. A noter que la production de charbon de bois à destination des aciéries de l'Amazonie brésilienne, dans des conditions sociales souvent effroyables, est une aberration écologique depuis longtemps dénoncée et que le Brésil n'aime guère mettre en avant.

Code forestier et Rio+20

Des militants de Greenpeace occupent la chaîne de l'ancre depuis sept jours consécutifs, appuyés par le navire Rainbow Warrior de Greenpeace à proximité. Selon le directeur de la campagne Paulo Adario "Greenpeace Brésil veut montrer que, malgré l'image positive que ce pays a construit au fil des ans il reste encore beaucoup à faire. La première étape consiste pour le président Dilma à opposer son veto au nouveau code forestier cette semaine. "

Dilma Rousseff est en train d'examiner s'il y a lieu de s'opposer aux modifications du "code forestier" votées par le parlement. De nombreux scientifiques et des écologistes craignent que ces assouplissements à la loi conduisent à une recrudescence de la déforestation en Amazonie. Elle a jusqu'à ce vendredi pour prendre une décision. Greenpeace et de nombreux autres groupes font pression pour qu'elle s'oppose à l'ensemble du texte nouveau.

Rappelons aussi que se prépare la conférence mondiale sur l'environnement et le climat "Rio+20" et qu'il s'agit de pousser le Brésil à davantage accorder ses actes avec ses mots. (source: communiqué de Greenpeace et presse brésilienne)

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