Brasilyane

06/02: Histoire : l’enfer vert des immigrants français près de Belém

Ils étaient une poignée, 800 personnes, c’était en 1875, ils fuyaient la misère des campagnes française pour tenter l’aventure d’une nouvelle vie en pleine Amazonie. A Benevides dans l’Etat du Para.

On leur avait vanté un sol fertile, des lots de terre prêts à être cultivés, un abri accueillant et bientôt une ligne de chemin de fer pour rallier Bélem, la capitale de l’Etat. Ils ont trouvé la forêt en pied, un unique méchant baraquement collectif pour les héberger et des colons arrivés avant eux du Ceará dans le Nord-Est du Brésil qui leur disputaient les titres de propriété.

Cet épisode peu connu de l’épopée de la colonisation du Brésil, est raconté dans une thèse rédigée par Francivaldo Nunes, professeur d’histoire à l’Université Fédérale du Pará. Il est lui-même lointain descendant de ces colons venus de France et s’est passionné pour leur aventure : « Benevides s’est construite à partir de l’idée que la région allait prospérer si elle accueillait des immigrants européens. Jusqu’alors, les habitants étaient des indiens qui cultivaient juste de quoi satisfaire leurs propres besoins. Le défrichement et l’agriculture à grande échelle allaient tout changer ! Mais la forêt équatoriale est implacable : « ces colons, habitués à un autre climat, ont fait un immense effort pour rendre l’endroit habitable, mais le climat, trop pluvieux, ne permettait même pas de semer sur ces terres détrempées. Les européens n’ont pas résisté. » Ils sont partis ou sont tombé malades.

Un petit noyau s’est tout de même accroché, Benevides a survécu, et lorsque le gouvernement régional a annoncé, en 1877, qu’il mettait fin aux subsides distribués aux colons, 700 révoltés en colère ont marché sur Bélem. Dès 1900, Benevides va décliner et végéter, mais la ville ne disparaîtra pas.  Aujourd’hui, les agriculteurs qui l’habitent ont finalement reçu des titres de propriété en bonne et due forme « et sont fiers de rappeler l’origine française de l’endroit », conclut Francivaldo Nunes. L’historien estime que, tout compte fait, Benevides doit quand même être considéré comme une expérience positive dans l’épopée de la colonisation de l’Amazonie brésilienne. De nombreuses autres tentatives en effet n’ont pas abouti et ont été totalement abandonnées.

Cet article, qui relate un épisode peu connu du XIXème siècle, provient de l'excellent blog Visionbrésil, réalisé à Rio sous la forme d'une parution mensuelle, avec lequel Brasilyane cherchera à échanger régulièrement des articles.

Histoire : l’enfer vert des immigrants français
Ils étaient une poignée, 800 personnes, c’était en 1875, ils fuyaient la misère des
campagnes française pour tenter l’aventure d’une nouvelle vie en pleine Amazonie. A
Benevides dans l’Etat du Para. On leur avait vanté un sol fertile, des lots de terre prêts
à être cultivés, un abri accueillant et bientôt une ligne de chemin de fer pour rallier
Bélem, la capitale de l’Etat. Ils ont trouvé la forêt en pied, un unique méchant
baraquement collectif pour les héberger et des colons arrivés avant eux du Ceará dans
le Nord-Est du Brésil qui leur disputaient les titres de propriété.
Cet épisode peu connu de
l’épopée de la colonisation
du Brésil, est raconté dans
une thèse rédigée par
Francivaldo Nunes,
professeur d’histoire à
l’Université Fédérale du
Pará. Il est lui-même
lointain descendant de ces
colons venus de France et
s’est passionné pour leur
aventure : « Benevides s’est
construite à partir de l’idée
que la région allait prospérer si elle accueillait des immigrants européens.
Jusqu’alors, les habitants étaient des indiens qui cultivaient juste de quoi satisfaire
leurs propres besoins. Le défrichement et l’agriculture à grande échelle allaient tout
changer ! Mais la forêt équatoriale est implacable : « ces colons, habitués à un autre
climat, ont fait un immense effort pour rendre l’endroit habitable, mais le climat, trop
pluvieux, ne permettait même pas de semer sur ces terres détrempées. Les européens
n’ont pas résisté. » Ils sont partis ou sont
tombé malades.
Un petit noyau s’est tout de même accroché,
Benevides a survécu, et lorsque le
gouvernement régional a annoncé, en 1877,
qu’il mettait fin aux subsides distribués aux
colons, 700 révoltés en colère ont marché
sur Bélem. Dès 1900, Benevides va décliner
et végéter, mais la ville ne disparaîtra pas.
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Aujourd’hui, les agriculteurs qui l’habitent ont finalement reçu des titres de propriété
en bonne et due forme « et sont fiers de rappeler l’origine française de l’endroit »,
conclut Francivaldo Nunes. L’historien estime que, tout compte fait, Benevides doit
quand même être considéré comme une expérience positive dans l’épopée de la
colonisation de l’Amazonie brésilienne. De nombreuses autres tentatives en effet
n’ont pas abouti et ont été totalement abandonnées.
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