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Terre Sans Mal: un roman de Jean-François le Cornec

Couverture de Terre sans mal, roman de Jean-François Le CornecQuand un des premiers Français à s'être durablement installé à Macapa écrit un roman, on est forcément intrigué. Un regard intéressant porté sur cette région du Brésil.

Deux récits parallèles

Le roman s'articule autour de deux récits principaux: l'enquête sur un attentat perpétré au large de Santana contre un navigateur écologiste islandais largement inspiré de Peter Blake -assassiné lui en 1998 dans le port de Santana- et un gouverneur qui contredit les intérêts des propriétaires terriens et autre oligarques du coin, cette fois très inspiré de João Capiberibe -ex-gouverneur de l'Amapa jusqu'en 2002 qu'on s'est contenté d'écarter de la vie politique par des moyens certes tordus mais non-violents. Parallèlement à cette première intrigue, qui permet à l'auteur de développer sa vision d'une période importante de la vie politique de l'Amapa, se développe un second récit, centré autour d'un breton, Yann, lancé dans une quête d'un lieu mystique qu'aurait découvert son grand-père, dans la région de Counani.

Rencontre inattendue des mythes celtiques et amérindiens

L'écriture est parfois inspirée, toujours agréable, les grandes connaissance historiques manifestes, et les idées parfois surprenantes, telle cette rencontre inattendue de l'univers des mythes celtiques et amérindiens au coeur de la forêt amapaense, ce qui après tout est peut-être logique pour un Breton d'Amazonie. Le lecteur familier de cette région se retrouvera dans la description de cet univers. On pourra même retrouver un peu l'ambiance du roman de Sarney -l'auteur s'en défendra sans doute- "Saraminda" dans les passages consacrés à l'ambiance de Counani et à l'époque de la ruée vers l'or dans la zone du contesté franco-brésilien.

Deux bémols, peut-être, à ce roman: la volonté de dire trop de choses en une centaine de page (réflexion politique, traces autobiographiques, hypothèses historiques...) tire parfois le livre davantage vers le discours que vers le récit; par ailleurs, et c'est sans doute un peu la conséquence du premier point, les personnages principaux manquent un peu de chair, et si le personnage de Yann ressort, la partie "enquête" du récit, souvent racontée à la voix passive, pâtit de l'absence de personnages solides auxquels le lecteur pourrait s'identifier.

Une fin surprenante

Ceci dit la fin est vraiment bien trouvée et, d'une idée par forcément convaincante au départ, fait un final à la fois poétique et intrigant qui tient étonnamment debout, et donne au lecteur le plaisir de lire ces pages jusqu'au bout.

Terre sans Mal (Huitramannaland) est publié aux Editions Ibis Rouge.

maj 2012: Jean-François Le Cornec a sorti depuis un nouveau roman : Les Sept Derniers Jours (L'Harmattan). Il tient un Facebook littéraire.

 

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